Le 17 mai 97 tombe un régime

Celui du fort ténébrissime Mobutu

Il nous a foutu la misère jusqu’au cou

La pauvreté a presque atteint les cimes

Dix ans plus tard, le 17 mai 2007

La vie au Congo a périclité en fait

Le social est pire qu’au temps du Maréchal

Le gouffre atteint des profondeurs abyssales

Qui parviennent à l’enfer et à ses quartiers

La fête de la « libération », qu’ils disent

À croire qu’on est dans la Terre Promise

 

Depuis ce fameux samedi du 17 mai

On nous a débarrassés du peu qu’on avait

C’est vrai, il y a bel et bien eu libération…

Mais pas comme vous l’entendez !

Une libération d’un type particulier

À la Congolaise, disons « Congo fashion » !

 

La libération du Congo est lente

Toutefois, elle est certaine

Et on sait où elle nous mène

Vers une très glissante pente

Le Congo se libère petit à petit

Du peu de bien-être dont il dispose encor

Il se libère de la vie

Et croque à belles dents la mort

 

Vampire et zombie, SNEL et REGIDESO

Nous privent de courant et d’eau

REGIDESO nous libère des lessives

SNEL nous dispense des tubes fluorescents

Jour après jour, graduellement, on nous prive

De plus essentiels éléments

Le Congolais se libère

Du transport en commun, qui se fait infernal

Autant prendre la voie des airs

Pratiquer le voyage astral !

Et des routes, je ne vous parle pas

Depuis des lustres, on en est tous libérés

On est libres, malgré nous, de faire le pied

Et la libération des trains ne fait plus débat

De la bonne santé pour tous

Nous libère notre éclairé Gouvernement

C’est totalement dans ses plans

De déformer nos frimousses

Mollo mollo, les mois passant

On nous a débarrassés de la salubrité

De l’hygiène, on est exemptés

On est dispensés des soins : ils sont encombrants…

On nous libère de la bonne éducation

Mais également de bonnes mœurs

On nous décharge des principes de pudeur

La culture est en haillons

À l’instar d’un boulet pesant

On a ôté de ce bled pourri le travail décent

Que l’on touche des miettes ou des fortunes

La surexploitation règne en maîtresse

Avec une surprenante adresse

On délivre les familles de leurs thunes

Nos très doctes autorités politiques

Nous ont libérés de la souveraineté

A flambé l’insécurité

Au sein et hors de nos frontières merdiques