Quel honneur ! Le 14e Sommet de la Francophonie se tient très bientôt (du 12 au 14 de ce mois) à Kin-la-Poubelle, capitale du soi-disant État RDCien. Tout est fin prêt, à ce qu’il se murmure. Le zombie femelle SNEL rivalise d’ingéniosité : elle déleste de grandes portions de ladite capitale (exercice pour lequel elle devrait sérieusement songer à déposer un brevet, tellement elle y est passée maîtresse incontestée) afin que les infrastructures mises en place en vue d’accueillir du beau monde se montrent à la hauteur de leur nature d’infrastructure.

Selon mon poussiéreux dico Larousse 2008, la francophonie est une communauté, un ensemble de pays parlant la langue de Molière, mais également l’ensemble de ceux qui, disséminés à travers le monde ou pas, emploient le français dans l’écrit ou dans le parler occasionnellement ou pas. Toutefois, ça, c’est la définition classique de la francophonie. En effet, au-delà du simple aspect linguistique (si j’ose m’exprimer de la sorte) s’ajoutent dans la pratique l’angle culturel et surtout le côté politique de la chose. Voyons donc voir comment tout cela influence le quotidien du Congolais lambda…

         1. L’aspect linguistique

Le taux d’alphabétisation étant ce qu’il est au « pays » de Kabila, c’est-à-dire très bas, la pénétration du français dans les couches profondes de la population ressemble furieusement à un coït bâclé (excusez-moi la comparaison, j’ai pas trouvé mieux sur le moment…). Même dans les milieux dits « intellectuels » (écoles, instituts, universités, bureaux, etc.), les quatre langues nationales se pratiquent allègrement comme un sport du même qualificatif. Néanmoins, un nombre appréciable d’individus lisent, discourent et griffonnent en la langue de Voltaire de manière plus ou moins potable. Les erreurs, fautes, scories et autres accents locaux ne manquent pas, mais c’est passable. Ce qui est certain est que dans les milieux susmentionnés, du moins dans les grands centres urbains, vous ne serez pas totalement dépaysé si vous ne parlez pas le patois du terrain.

Je profite de l’occasion pour signaler que j’ai toujours été et resterai jusqu’à la fin de mes misérables jours un amoureux inconditionnel du français. Au diable la langue de Shakespeare, à la prononciation incohérente et à la pauvreté lexicale (spécialement au niveau des verbes). Cependant, l’anglais engrange de bons points question simplicité grammaticale, ce qui facilite son essor. Que la langue de Senghor et de Hollande s’en inspire, de peur qu’elle ne se retrouve un jour ou l’autre phagocytée, ce qui serait, ma foi, on ne peut plus dommage…

        2. L’angle culturel

La langue de Voltaire a beau être jolie à entendre, il n’empêche que je m’insurge contre l’injection, dans notre système éducatif, de doses un peu trop importantes de modus vivendi à l’occidentale, notamment dans nos cours d’Histoire. Le Moyen-Âge avec ses Albigeois (et les chansons qui vont avec), la Guerre de Cent Ans et ses sorcières, c’est pas mal. Connaître la vie de Louis je ne sais combien (ou quantième… ça ne se dit pas ? Au temps pour moi !) ou la chronologie de la Révolution Française par le menu, pourquoi pas ? Mais franchement, à quoi ça nous sert à nous, pauvres Congolais Démo(n)crates ? Heureusement qu’à la télé, on a le choix des programmes, pour pas qu’on acculture nos cerveaux avec la Starac (euh… orthographe non garantie) !

Fait heureux, parmi les objectif que s’est fixés l’Organisation Internationale de la Francophonie, il est la promotion des valeurs culturelles locales et, autant que faire se peut, porter lesdites valeurs à la connaissance d’autres pays membres par tous moyens possibles (pas forcément légitimes ou de toute transparence). L’entité RDCienne, forte de plus de 400 tribus et ethnies, ne manque sûrement pas de matière à proposer au concert des nations quant à ses spécificités artistiques, culinaires, traditionnelles en général. Dans le domaine, le presque État congolais peut être considéré comme extrêmement riche. Cependant, cette abondance insolente qui caractérise son patrimoine socioculturel ne bénéficie d’aucune promotion d’envergure. Le Ministère des Affaires Étrangères (dans ses compétences sporadiques « francophonie ») ainsi que le Ministère de la Culture et des Arts ne se sont jamais illustrés par un enthousiasme débordant, alors que leur rôle tout indiqué est entre autres de faire savoir au reste de la planète que la RDC a également des trucs à faire valoir. Avouons, une fois de plus, que c’est dommage…

        3. Le côté politique

Pour des raisons aussi enfantines que naïves, quantité de gens, surtout l’opposition, estiment que le Sommet de la Francophonie s’avère inopportun en RDC. Because ce sont les Occidentaux qui tirent les ficelles du patelin, qui soutiennent la rébellion du MP3 (pardon : M23), qui cautionnent le pouvoir en place, qui transforment l’eau en vin et patati et patata… Ma question vous surprendra, voire vous révoltera, mais je la pose quand même : et alors ?

Tant que de nous-mêmes, par nos propres efforts, nous, peuple congolais, on ne saura desserrer l’étau néocolonialiste des leucodermes de tous horizons, qu’ils soient de l’Ancien ou du Nouveau Monde, la RDC demeurera un gâteau appartenant à tout le monde et à personne à la fois. Les tracés de ce cake géant continueront à volonté à être remodelés, du moment que, rappelons-le, qu’aucun autochtone n’y a été convié. Et on ose parler d’indépendance et de souveraineté à propos d’un territoire dont d’autres ont défini les frontières. Comme c’est riescent (oops, lapsus : risible, j’allais écrire…) ! En accouchant dans la douleur ces quelques mots, ne croyez pas que je sois défaitiste, fataliste ou pessimiste : j’expose juste ici un secret de Polichinelle dont beaucoup se refusent à admettre en se cachant la tête dans du purin (le sable, c’est trop d’honneur). Que le Président de l’Hexagone se déplace ou pas sur le sol congolais ne changera rien dans ce triste état des faits. Encore une fois, c’est dommage…

 

LA FRANCOPHONIE DANS L’ENTITÉ CONGO DÉMO(N)CRATIQUE

Quel honneur ! Le 14e Sommet de la Francophonie se tient très bientôt (du 12 au 14 de ce mois) à Kin-la-Poubelle, capitale du soi-disant État RDCien. Tout est fin prêt, à ce qu’il se murmure. Le zombie femelle SNEL rivalise d’ingéniosité : elle déleste de grandes portions de ladite capitale (exercice pour lequel elle devrait sérieusement songer à déposer un brevet, tellement elle y est passée maîtresse incontestée) afin que les infrastructures mises en place en vue d’accueillir du beau monde se montrent à la hauteur de leur nature d’infrastructure.

Selon mon poussiéreux dico Larousse 2008, la francophonie est une communauté, un ensemble de pays parlant la langue de Molière, mais également l’ensemble de ceux qui, disséminés à travers le monde ou pas, emploient le français dans l’écrit ou dans le parler occasionnellement ou pas. Toutefois, ça, c’est la définition classique de la francophonie. En effet, au-delà du simple aspect linguistique (si j’ose m’exprimer de la sorte) s’ajoutent dans la pratique l’angle culturel et surtout le côté politique de la chose. Voyons donc voir comment tout cela influence le quotidien du Congolais lambda…

         1. L’aspect linguistique

Le taux d’alphabétisation étant ce qu’il est au « pays » de Kabila, c’est-à-dire très bas, la pénétration du français dans les couches profondes de la population ressemble furieusement à un coït bâclé (excusez-moi la comparaison, j’ai pas trouvé mieux sur le moment…). Même dans les milieux dits « intellectuels » (écoles, instituts, universités, bureaux, etc.), les quatre langues nationales se pratiquent allègrement comme un sport du même qualificatif. Néanmoins, un nombre appréciable d’individus lisent, discourent et griffonnent en la langue de Voltaire de manière plus ou moins potable. Les erreurs, fautes, scories et autres accents locaux ne manquent pas, mais c’est passable. Ce qui est certain est que dans les milieux susmentionnés, du moins dans les grands centres urbains, vous ne serez pas totalement dépaysé si vous ne parlez pas le patois du terrain.

Je profite de l’occasion pour signaler que j’ai toujours été et resterai jusqu’à la fin de mes misérables jours un amoureux inconditionnel du français. Au diable la langue de Shakespeare, à la prononciation incohérente et à la pauvreté lexicale (spécialement au niveau des verbes). Cependant, l’anglais engrange de bons points question simplicité grammaticale, ce qui facilite son essor. Que la langue de Senghor et de Hollande s’en inspire, de peur qu’elle ne se retrouve un jour ou l’autre phagocytée, ce qui serait, ma foi, on ne peut plus dommage…

        2. L’angle culturel

La langue de Voltaire a beau être jolie à entendre, il n’empêche que je m’insurge contre l’injection, dans notre système éducatif, de doses un peu trop importantes de modus vivendi à l’occidentale, notamment dans nos cours d’Histoire. Le Moyen-Âge avec ses Albigeois (et les chansons qui vont avec), la Guerre de Cent Ans et ses sorcières, c’est pas mal. Connaître la vie de Louis je ne sais combien (ou quantième… ça ne se dit pas ? Au temps pour moi !) ou la chronologie de la Révolution Française par le menu, pourquoi pas ? Mais franchement, à quoi ça nous sert à nous, pauvres Congolais Démo(n)crates ? Heureusement qu’à la télé, on a le choix des programmes, pour pas qu’on acculture nos cerveaux avec la Starac (euh… orthographe non garantie) !

Fait heureux, parmi les objectif que s’est fixés l’Organisation Internationale de la Francophonie, il est la promotion des valeurs culturelles locales et, autant que faire se peut, porter lesdites valeurs à la connaissance d’autres pays membres par tous moyens possibles (pas forcément légitimes ou de toute transparence). L’entité RDCienne, forte de plus de 400 tribus et ethnies, ne manque sûrement pas de matière à proposer au concert des nations quant à ses spécificités artistiques, culinaires, traditionnelles en général. Dans le domaine, le presque État congolais peut être considéré comme extrêmement riche. Cependant, cette abondance insolente qui caractérise son patrimoine socioculturel ne bénéficie d’aucune promotion d’envergure. Le Ministère des Affaires Étrangères (dans ses compétences sporadiques « francophonie ») ainsi que le Ministère de la Culture et des Arts ne se sont jamais illustrés par un enthousiasme débordant, alors que leur rôle tout indiqué est entre autres de faire savoir au reste de la planète que la RDC a également des trucs à faire valoir. Avouons, une fois de plus, que c’est dommage…

        3. Le côté politique

Pour des raisons aussi enfantines que naïves, quantité de gens, surtout l’opposition, estiment que le Sommet de la Francophonie s’avère inopportun en RDC. Because ce sont les Occidentaux qui tirent les ficelles du patelin, qui soutiennent la rébellion du MP3 (pardon : M23), qui cautionnent le pouvoir en place, qui transforment l’eau en vin et patati et patata… Ma question vous surprendra, voire vous révoltera, mais je la pose quand même : et alors ?

Tant que de nous-mêmes, par nos propres efforts, nous, peuple congolais, on ne saura desserrer l’étau néocolonialiste des leucodermes de tous horizons, qu’ils soient de l’Ancien ou du Nouveau Monde, la RDC demeurera un gâteau appartenant à tout le monde et à personne à la fois. Les tracés de ce cake géant continueront à volonté à être remodelés, du moment que, rappelons-le, qu’aucun autochtone n’y a été convié. Et on ose parler d’indépendance et de souveraineté à propos d’un territoire dont d’autres ont défini les frontières. Comme c’est riescent (oops, lapsus : risible, j’allais écrire…) ! En accouchant dans la douleur ces quelques mots, ne croyez pas que je sois défaitiste, fataliste ou pessimiste : j’expose juste ici un secret de Polichinelle dont beaucoup se refusent à admettre en se cachant la tête dans du purin (le sable, c’est trop d’honneur). Que le Président de l’Hexagone se déplace ou pas sur le sol congolais ne changera rien dans ce triste état des faits. Encore une fois, c’est dommage…