ANALYSE DU CURIEUX 1+1 = 1

Qu’elle est belle, l’invitation de mariage de mon pote sur laquelle est magnifiquement décoré le suspect calcul objet de cet article ! Ce même calcul ornait le gâteau consommé en soirée et fait l’objet d’un petit tableau accroché au mur du salon du nouveau couple, tableau offert par le père de la femme.

1+1 = 1… Mathématiquement parlant, même mon neveu de la maternelle verra que ça ne colle pas. Sur ce point, il s’agit d’une hérésie insoutenable. Pas besoin de faire ici un long débat pour le démontrer. De toute façon, l’amour et les maths font très souvent mauvais ménage ; ce n’est donc pas de côté qu’il faut chercher l’origine de cette énigme défiant toute rationalité établie. La Bible, peut-être ? Voyons donc voir…

Ayant en main la Traduction Œcuménique du livre sacré (TOB), je m’empresse de jeter un coup d’œil dans Genèse 2 : 24 [« (…) et ils deviendront une seule chair »]. Non pas par le jeu du hasard, mais du fait qu’il s’agit de la référence tant de fois mentionnée lorsque l’on évoque notre drôle d’égalité. Référence du reste assez fréquemment complétée par Matthieu 19 : 6 [(…) « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni »]. Sans être exégète ni pasteur ni prêtre ni apôtre ni prophète ni quoi que ce soit de spécial, il va de soi que les passages précités évoquent l’union charnelle ; le sexe, quoi ! Rien d’autre… Quant à l’esprit ou à l’âme, l’homme et la femme sont bel et bien deux entités distinctes. Et le jour du Jugement, chacun d’eux sera rétribué selon ses actes personnels, chacun selon ses responsabilités, selon ses œuvres (Apocalypse 20 : 13). Bref, 1+1 = 1 n’est vrai qu’en ce qui concerne la baise, et encore de manière imagée…

Jetons à présent un coup d’œil dans l’arsenal juridique…

Pour ce qui est du droit, la représentation en cas d’absence du mari ou de la femme, en cas d’interdiction, de décès, voire la responsabilité en cas de quasi-délit (responsabilité des gens ou des choses dont on a la charge), militent en faveur du postulat 1+1 = 1. En effet, pour les cas susmentionnés, l’un peut remplacer l’autre comme s’il s’agissait d’une seule et même personne. Toutefois, quant au volet pénal, la situation change radicalement, rejoignant le Jugement biblique : la sanction est personnelle. On ne va pas en tôle en couple parce que le mari a détourné du pognon au boulot. Et ne me parlez pas de la complicité, car la complicité n’est jamais punie de la peine réservée à l’auteur principal. D’ailleurs, quelle idée que d’évoquer 1+1 = 1 dans ce domaine… !

En somme, 1+1 = 1 :

VRAI en matière sexuelle, sous un angle purement symbolique

VRAI quant à certains cas de responsabilité civile en droit

FAUX en ce qui concerne le Jugement Dernier

FAUX pour ce qui est de la responsabilité pénale en droit