1. Le mythe de l’égalité

On ne sait pas pourquoi de fumeuses instances (probablement occultes et ténébreuses) ont consacré ce concept jusque dans les constitutions d’État. Notre monde actuel tridimensionnel, c’est-à-dire la planète bleue, vit sous la coupe d’un système hiérarchisé au sein duquel il est des grands et des petits, ainsi qu’une foule d’intermédiaires entre ces deux extrêmes. Difficile dans ce cafouillage bordélique de parler d’égalité…

Par ailleurs, à la naissance, à moins que de nouvelles découvertes biologico-psychologico-médicales ne me contredisent, les gens ne possèdent guère le même patrimoine génétique. Ce qui veut dire que certains seront nécessairement mieux pourvus naturellement que d’autres, autrement dit plus intelligents, plus beaux, plus robustes, plus endurants. En règle générale, Dame Nature, dans sa froideur cruelle, appliquera la loi de la sélection… euh… naturelle qui éjectera du système les moins fiables. Par ces propos, je ne soutiens pas des doctrines eugéniques. Je ne dis pas non plus que les plus faibles doivent être éliminés. Au contraire, les plus vulnérables se doivent d’être protégés, car tout le monde, une fois né, a droit à la vie, cette dernière ayant été insufflée par « quelqu’un » de beaucoup plus grand que nous. Je veux simplement dire que dans notre monde actuel, Dieu l’a bien voulu, l’égalité parfaite n’a jamais existé, n’existe pas et, je pense, n’existera jamais.

Et puisque nous parlons de Dieu, même au Paradis (si le Paradis existe), aux dires des données théologico-apocrypho-biblico-philosophiques, les choses sont stratifiées. Le Tout-Puissant, les 24 vieillards, les archanges, les anges (avec tous leurs chœurs) et patati et patata… De plus, là-haut, chacun aura droit à SA récompense, différente du voisin, je présume…

La même chose se remarque en société. Faut bien qu’il y ait des chefs, des sous-chefs, des sous-sous-chefs, des subalternes. Ne demandez pas, au nom de l’égalité, au balayeur même pas détenteur d’un certificat de l’école primaire, de remplacer le PDG de l’entreprise où il travaille qui lui, a fait de hautes études de gestion à l’ICHEC. C’est un peu comme la parité, concept drôlement compris et étrangement appliqué. Souvent en violation manifeste de tout critère de compétence, l’on se plait à caser une meuf à un poste stratégique, juste pour faire beau. Mais ça, c’est un autre débat…

2. Le mythe de l’excellence

L’excellence, jusqu'à preuve du contraire, est un idéal, donc un rêve. S’efforcer de l’atteindre est une poursuite du vent, du moment que ledit idéal est fort différemment conçu par les individus, en bien comme en mal. Il est trop évanescent et fluctuant.

En fait, le monde dans lequel nous vivons, les lois qui nous régissent, n’ont que faire des choses dites parfaites ou très bien faites. Il suffit simplement que ces choses soient faites comme il se doit, sans forcement atteindre un degré élevé de qualité. Ce qui n’est pas viser la médiocrité, comme quelques esprits distraits ou de mauvaise foi pourraient croire ou laisser entendre.

En voulant trop cibler une perfection jamais atteinte, on tombe souvent dans des travers pendables. Voulez-vous tout savoir sur tout ? L’orgueil vous guettera et finalement vous serez bon à rien. Vous êtes universitaires et élaborez des théories juridiques ou macroéconomiques assez sophistiquées ? Eh bien, l’homme étant flottant et inconstant, rares seront les cas où lesdites théories s’appliqueront comme vous l’entendez. Il est d’ailleurs de plus en plus constaté que ce n’est que sur terrain, dans le monde réel et palpable, et non sur papier, dans le monde onirique et virtuel, que les vraies réalités se vivent. Excusez-moi cette lapalissade doublée d’un pléonasme, mais mon état d’âme du moment ne me permet pas d’aller plus profond dans ma plume.

En somme, il n’est pas malsain de poursuivre un idéal quelconque. L’ambition, positive bien entendu, est un noble sentiment qui devrait gagner tout être humain doué de raison. Néanmoins, l’acharnement, la recherche effrénée d’un objectif, aussi bon soit-il, peut (je dis bien « peut ») nuire à autrui et ne satisfaire que soi-même ou un entourage restreint. Et quand je parle de « nuire », il s’agit d’une nuisance effective et non d’une banale jalousie… En société, je vous le dis, quel que soit le niveau de bonnes valeurs ou de corruption, il convient et il suffit d’être UTILE ([1]), sans forcément exceller. À moins que son « destin » ([2]) lui pousse à le devenir. Ce qui est une tout autre histoire…

 


[1] Voir mes principes en rimes, dernier point (point 20).

[2] Avec le « destin », on peut inventer n’importe quoi… Tout le monde peut se dire « excellent », ce qui rejoint quelque peu le mythe de l’égalité, une utopie, comme dit au point 1.