FORNICATION ET CAPOTE : MON (HUMBLE) POINT DE VUE

1.     Forniquer, selon moi…

En milieu chrétien – dont je fais partie – la fornication est toute relation sexuelle avant mariage. La notion est également connue des pratiquants de la charia qui, au-delà du péché, érige cet égarement de conduite en pure infraction punissable des pires sanctions. Comme quoi sous d’autres cieux, plaisir peut en moins de deux se transformer en cauchemar mortel... Certains théologiens vont plus loin : des actes du genre fellation ou cunnilingus, lubriques s’il en est, sont assimilés à la fornication si tant est qu’ils sont commis hors mariage. La fornication (je ne pense rien vous apprendre) ne doit pas être confondue avec l’adultère en ce sens que ce dernier suppose l’état de marié(e) du ou de la partenaire sexuel(le) incriminé(e), alors que le fornicateur ou la fornicatrice est nécessairement célibataire ou, à tout le moins, divorcé(e).

La question qui se pose quant au péché de la chair peut se résumer en deux points : la valeur des versets bibliques qui l’évoquent et la nature du mariage en discussion.

Je l’avoue, en toute modestie, je ne peux vous citer l’ensemble des passages bibliques qui traitent de la fornication. Toutefois, je sais que le monsieur qui en a longuement débattu est Saint-Paul, notamment dans sa lettre aux Corinthiens. Notez que dans certaines versions, le terme « fornication » est remplacé par « immoralités ». Et c’est là le premier problème : est-ce que « immoralités » et « fornication » sont interchangeables ? Toute fornication est-elle immorale ? Est-ce que dans le long cortège des immoralités, on peut objectivement mentionner la fornication ? En vertu de quelle disposition spirituelle infaillible ? Le second problème consiste en ceci : dans les passages concernés, Paul parlait-il pour son compte ou était-il inspiré par l’Esprit-Saint ? Autant d’interrogations qui laissent libre cours aux interprétations les plus diverses, pertinentes ou tirées par les cheveux. Ce flou profite aux hédonistes et autres amateurs des choses luxurieuses.

En ce point qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, qu’en est-il alors du mariage ? Duquel s’agit-il ? Du mariage dit religieux ? Je ne le crois pas. En effet, ce genre de noces a été inventé de toutes pièces plusieurs siècles après la mort et la résurrection du Christ. Il est bon de savoir que les Juifs, même au temps de Paul, se mariaient coutumièrement. Rares sont ceux qui célébraient ce grand événement dans des synagogues. Du reste, dans l’Ancien Testament, même après la loi mosaïque, le mariage consistait en tout un cérémoniel suivi de festivités, le tout hors de tout temple. C’est pour dire que dès les origines, le mariage est coutumier. Il ne devient religieux, puis civil, que bien plus tard. Il serait par conséquent aberrant de s’imaginer que l’union sexuelle ne doit s’opérer qu’après le mariage religieux, célébré par un homme d’Église, pasteur, gourou comme prêtre. Il suffit qu’il y ait eu mariage, coutumier fût-il. Soit dit en passant, dans la plupart des États non théocratiques, aucune valeur juridique n’est reconnu au mariage religieux, contrairement aux mariage coutumier et civil qui en ont quelque.

En somme, en ce qui me concerne personnellement, je m’oppose à la fornication non pas parce que c’est interdit dans la Bible (interdiction floue, je l’ai griffonné), mais par simple acte de moralité. Pour ce qui est de l’abstinence des plaisirs charnels, elle doit cesser d’exister le jour du premier mariage venu, coutumier, civil ou religieux. On peut s’amuser un peu et, pourquoi pas, fonder une famille une fois qu’on a convolé en justes noces, que ces noces soient dites chrétiennes ou dites profanes.

2.     La capote, à mon humble sens…

Pauvre Ratzinger, alias Benoit seizième du nom, dont les déclarations fracassantes en défaveur du préservatif ont mécontenté plus d’un jouisseur. Mais au fait, avait-il vraiment tort de tenir les propos tant décriés par une importante frange de l’opinion publique ? Ce qui suit vous donne un élément de réponse, subjectif, bien évidemment…

Dans ce point ayant trait à la fornication, je me rappelle avoir écrit que cette pratique ne m’enchante pas moralement et je ne saurai la préconiser à quiconque me demanderait quelque conseil en matière de sexualité. Or pas de baise avant mariage, pas de capote avant mariage et c’est bon pour tout le monde. C’est que compte tenu des erreurs de fabrication inévitables susceptibles de rendre le plastique plus ou moins poreux aux virus de tous bords, autant encourager l’abstinence. Ça évitera la propagation des maladies sexuellement transmissibles, VIH compris. Quand le Saint-Père affirme que l’usage du condom facilite la transmission de ce dernier, il a raison si on a en tête ce que je viens de développer supra. J’ajoute même, dans cet ordre d’idée, que l’usage du plastique est déconseillé en cas d’adultère, pour les mêmes raisons de propagation éventuelle du virus fatal.

Là où je ne m’accorde pas avec l’Église, c’est quand elle proscrit l’utilisation de la capote aux couples mariés et ce, systématiquement. Il est certes médicalement démontré depuis belle lurette que le condom peut engendrer de la frigidité chez la femme, voire lisser un peu trop le membre viril, chose capable de saper une bonne partie du plaisir, les multiples replis du pénis contribuant pour beaucoup audit plaisir… Que faire cependant si la partenaire a un cycle menstruel peu respectueux des dates ou si l’un ou l’autre amoureux… est « atteint » ? Nul ne désire avoir des gosses à chaque coup tiré ni chopper le sida… Le préservatif est, selon toute vraisemblance, le remède à ces deux maux. Quoique…

En conclusion, j’estime humblement que le port du plastique ne sied guère ni aux gens, jeunes ou moins jeunes non mariés ou divorcés, ni aux individus en plein bain d’adultère. En revanche, ceux qui ont été unis par les liens (sacrés ou pas) du mariage peuvent sans problème user de la capote, au prix, naturellement, d’une dégradation plus ou moins prononcée de l’orgasme et des étapes préliminaires. Hum !...