MUSIQUE RELIGIEUSE, MUSIQUE PROFANE, DISTINCTION RELATIVE OU DISTINCTION ABSOLUE ?

Aux dires des frères en crise (euh… frères en Christ), la musique, tel que l’Homo sapiens la compose, la chante ou la danse, se divise en deux parties on ne peut mieux nettes : la musique dite religieuse et la musique dite profane. Définir ces deux catégories s’avère simplissime, nul besoin d’être grand clerc pour le faire : la musique dite religieuse est celle chantée par les musiciens dits chrétiens et la musique dite profane est celle chantée par les musiciens affublés de cette épithète peu flatteuse.

En réalité, après observation, j’ai pu remarquer qu’outre ce qui a été dit supra, en général, les caractéristiques suivantes sont reconnues, surtout en Afrique et en particulier en RDC, pour taxer une musique de profane :

v  Le contenu textuel n’est pas biblique

v  Le clip ne reflète pas le « chrétiennement correct »

v  L’inspiration n’est pas divine

v  Le genre de musique ne se prête pas à une inspiration chrétienne

Quant à la musique religieuse, c’est tout l’inverse :

v  Le contenu doit refléter une essence biblique et, si possible, les versets doivent pleuvoir

v  Le clip se doit être un modèle de décence et de morale

v  Bien entendu, l’inspiration de la chanson se doit de provenir du Très-Haut

v  Le style musical sera de type méditation ou permettra de danser pudiquement si le rythme est quelque peu enjôleur

Examinons, si vous le voulez bien, cet argumentaire quelque peu extrême, sur lequel je m’efforcerai de donner un point de vue.

A.  Assise biblique de la chanson

À mon humble avis, il s’avère malhonnête intellectuellement de croire que toute œuvre reflétant une assise biblique est religieuse. Je n’ai pas d’exemple sur le moment, mais je parie que si une commission d’exégètes devait analyser de fond en comble le texte de certaines chansons dites religieuses, elle tomberait à la renverse et proposerait l’interdiction formelle de diffusion d’une pareille œuvre, impropre à la consommation spirituelle du chrétien.

Dans le même ordre d’idée, je trouve vraiment stupide de rejeter une chanson simplement parce que son texte ne repose sur aucune référence de la Bible. Je vous assure qu’il est plus d’une chanson dite profane dont le texte inspire des sentiments humains nobles et moraux dont la profondeur dépasse parfois certaines chansons dites religieuses les mieux inspirées. Affirmer qu’écouter pareilles œuvres corrompt l’esprit dénote plus que la mauvaise foi : la paranoïa !

B.  La décence du clip

Ici, je n’objecte pas grand-chose. Une œuvre musicale sur fond de danses obscènes et de scènes à faire frémir, horriblement sexuelles ou franchement gores, ne peut et ne doit pas être taxée de religieuse par un chrétien, je le conçois aisément. En effet, de tels agissements attristent l’Esprit-Saint et déshonorent le Tout-Puissant (références bibliques nécessaires : je ne me rappelle plus trop…).

Il m’a toutefois été donné de voir moult clips vidéo de musique dite chrétienne au sein desquels les pas de danses et les contorsions des jeunes filles évoquaient sans peine du mapuka, licencieux s’il en est. Et je ne vous parle guère des cris lancés et du boucan dysharmonique produit qui n’avaient rien à envier à de la trance… Dans des cas de ce type, force m’a été de reconnaître que la ligne séparant musique dite religieuse et musique dite profane est parfois des plus tenues.

C.  L’inspiration de la chanson

Il semble, selon les frères en Christ les plus endurcis, qu’il n’est nullement indiqué de suivre de la musique chantée par un musicien dit profane pour la simple raison que sa source d’inspiration serait sulfureuse ! Ainsi, même si un chanteur dit profane vous pond une chanson bien structurée, dans le fond comme dans la forme, vu qu’il puiserait son art dans les espaces infernaux, il serait spirituellement dangereux de l’écouter…

Quelle prétention ! Comment oser se permettre de spéculer sans preuve sur l’inspiration d’un artiste ? Que je sache, seul Dieu sonde les cœurs et les reins, non ? Certes il est parfaitement vérifié que plusieurs chansons, de par leur thématique et compte tenu du texte, font un éloge à Lucifer (il est d’ailleurs des musiciens satanistes et fiers de le déclarer). Lorsque cependant une œuvre offre toutes les garanties de la morale, par quel mécanisme logique peut-on affirmer qu’elle serait issue du Malin ?

Oui, je sais ! D’aucuns me brandiront l’argument imparable des messages subliminaux. Eh bien, il convient de démontrer que telle ou telle œuvre en use et la meilleure façon quant à ce, à notre sens, consiste à observer le comportement de l’auditeur après écoute de ladite œuvre. Par ailleurs, rien n’empêche que ces messages subliminaux tant décriés soient également utilisés dans de la musique dite religieuse… Tout dépend en fait des intentions de l’arrangeur des sons et/ou du producteur, sans préjudice que certaines sonorités s’avèrent subliminales de par leur nature !

Comme vous le voyez, en cette délicate matière, il y a à boire et à manger…

D.  Le style musical en question

J’ai lu, regardé à la télé et entendu dire maintes fois dans les médias et dans la rue que le rock, la techno, voire le rap, seraient des genres musicaux démoniaques ! Composer par conséquent sa musique chrétienne en ces styles passerait carrément pour blasphématoire ou parodique.

Il n’est pas faux que les genres musicaux précités usent souvent d’attaques sonores propices à divers dérèglements de l’esprit. Ajouter à cela des paroles violentes ou scabreuses, le tout sous ambiance de LSD ou d’ecstasy, on crée des perturbés mentaux à la chaîne… à la grande satisfaction du Diable qui a en face de lui des automates manipulables à souhait…

Néanmoins, il y a rock et rock, rap et rap, techno et techno. À côté des variantes « dures » de ces genres existent des accords beaucoup plus doux à travers lesquels, à mon avis, un texte équilibré et riche en morale peu être inséré et, pourquoi pas, un texte chrétien. Ainsi, il n’est pas sage de dire ou de croire que tel ou tel genre sort des fourneaux démoniaques. Seule la manière d’exploiter ledit genre peut préjuger de l’intention bienveillante ou malveillante du chanteur, du compositeur et/ou du producteur.

E.  Pour conclure…

Toute musique bonne à entendre, riche d’enseignements et de principes moraux, peut être écoutée sans danger pour l’âme. La distinction musique profane – musique religieuse n’est pas toujours évidente dans le fond, voire dans la forme…