LETTRE OUVERTE À

LA COMMUNAUTÉ NANDE

Vivre en communauté est le propre de l’homme et de plusieurs autres espèces animales. Un groupement humain ainsi constitué se doit de vivre en symbiose avec le milieu qui l’environne, celui-ci étant formé de plusieurs autres groupements plus ou moins différents de lui. La communauté nande a ce rare double défaut de s’intégrer difficilement dans d’autres groupements humains et de créer des actes de zizanie majeurs dans son propre groupement.

A.   Refus de s’intégrer

1.    Cas du kyaghanda

L’Association culturelle nande, dénommée kyaghanda, n’est pas en soi une mauvaise initiative, si initiative il y a. En effet, il semble qu’il s’agit de la transposition dans le monde moderne, urbain dans les villes, des valeurs traditionnelles inhérentes à la tribu avec son conseil de sages éclairés et ses palabres. Mais à vouloir transposer à tout prix, il arrive qu’on aboutisse à des résultats antisociaux et finalement surannés.

Il ne convient pas d’être un génie tout droit sorti de Princeton pour s’apercevoir que le kyaghanda est formé presque à 100% de natifs du Nord-Kivu nostalgiques de leur terroir. Il s’agit d’un vaste club de gens qui s’appellent « frères », plus à tort qu’avec raison, d’ailleurs. Des gens qui se croient à Lubero ou au fin fond de Kyondo, alors qu’ils vivent à Kin. Des gens qui considèrent le plus souvent avec mépris « les gens de l’Ouest », trouvant les mœurs de ces derniers fort repoussantes et dégradantes. Une telle vue des choses, pas totalement fausse, mais extrémiste à souhait, car pas totalement vraie, crée une réclusion sociale voulue et entretenue, comme on le verra dans les lignes qui suivent…

2.    Pas d’autres amis que ceux du coin

Que ce soit en chorale, à l’Université ou ailleurs, le Nande pur et dur ne s’entoure que des Nande comme lui, à la rigueur « des gens de l’Est ». Les autres groupements tribaux ou ethniques ne sont pas dignes de trouver leurs membres objets de sincère amitié ! Aussi remarque-t-on la présence de fréquentations monolithiques, des classes de chant monotribales et des quartiers entiers où le vent nande souffle à 100 à l’heure (cf. Barumbu, Lingwala et

la Commune

de Kinshasa… à Kinshasa).

3.    Mariage en dehors de la tribu fortement peu recommandés

Du moment que l’ « étranger » est à éviter comme la peste bubonique, l’idéal est de l’écarter le plus possible du cercle familial et, pourquoi pas, du groupe tribal. Se marier entre Nande constitue la voie indiquée en vue de réaliser ce drôle d’objectif. Si vous déclarez que vous irez chercher ailleurs qu’à la tribu, une mise en garde musclée tombera sur vous comme une lourde chape de plomb. Telle une interminable litanie de saints, on vous citera, avec force détails, tous les mariages intertribaux qui ont foiré, tout en prenant un soin d’horloger pour escamoter les cas de mariage réussis qui ne sont pas moins nombreux.

Fait heureux et à encourager le plus vivement du monde, cette mentalité de l’âge de la pierre taillée tend peu à peu à disparaitre.

4.    Du boulot et des facilités pour les « frères »

Ce n’est pas à tort que nombre d’aigris racontent à qui veut bien les entendre que

la CEI

et plusieurs autres institutions du bled Congo grouillent de gens du Nord-Kivu et des Baswahilis en général. Il est également de notoriété publique que lorsqu’un Nande a la chance de se métamorphoser en boss, les gens qu’il engagera dans sa boîte, compétents ou nullissimes, seront en très grande majorité ressortissants du Nord-Kivu !

Compte tenu de tout cela, il est pleinement justifié les commentaires désobligeants faits à l’encontre des Nande qui, même à des milliers de kilomètres de leur terroir, se croient à Butembo ou à Goma.

B.   Destruction du groupe par ses propres membres

Le milieu nande, surtout dans la politique et dans les affaires, est un vaste panier de crabes où réussir sans encombre est quasi-impossible. Les vieux loups du commerce ne veulent voir personne prospérer, à part eux. Les politiciens du coin sont toujours prompts à user de basses magouilles dans la vue de sauvegarder leurs intérêts égoïstes, la communauté se présentant ainsi comme de l’histoire ancienne.

Le commun des mortels, quant à lui, s’étonne et s’indigne de voir son prochain prospérer, alors qu’en des circonstances ordinaires, il appelle sans sourciller ce prochain « frère » !...

Bref, une jalousie fort mal placée s’associe ici à une cupidité pathologique.

1.    Empoisonnements à tous venants

De composition non officiellement identifiée, le karoho, le poison de service qu’affectionnent les Nande pour se nuire mutuellement, serait d’essence rwandaise. Le fait est que son altération des fonctions vitales s’avère plus ou moins prononcée et plus ou moins étendue dans le temps selon les doses administrées et ce, par voie orale, par salutation, voire par inspiration ou par injection.

Si vous avez des démêlés avec certaines influentes gens du milieu, faut avoir la présence d’esprit de bien se laver les mains avant de bouffer ! De même, lors des fêtes, prière de savoir d’où viennent les plats, les assiettes, la bouteille de Skol ou de Sangria, voire… le décapsuleur ! Chez soi, il convient de ne point engager comme cuisinier un individu qui vous semble suspect.

Mais en réalité, nul n’est à l’abri du karoho. On a vu de simples personnes (des élèves, en fait) s’empoisonner pour raison de points ou de cul !! Pire ! Le karoho fait office de marchandise, distillé dans certaines parcelles en vue de remplir sa sinistre mission. Non pas pour ôter la vie de la malheureuse victime, mais plutôt pour la faire chanter, histoire qu’elle paie un antidote au prix le plus fort, antidote confectionné par ceux-là même qui ont élaboré le poison ! Et ce commerce rapporte un bon paquet de thunes…

2.    Coups bas sur fond de calomnie, de corruption et de règlement de comptes

Butembo, véritable poumon économique de l’Est de ce bled de lobotomisés, est la cité nande par excellence. Les pires intrigues s’y passent. Soyez heureux si vous n’êtes pas du coin et que vous restez dans ce patelin. Vous pouvez prospérer sans grande inquiétude. Mais ne prospérez pas trop si vous voulez prolonger vos jours. Si vous êtes du coin et que vous désirez faire des affaires, soyez prudent, car les gros commerçants et des politiciens aux mains souillées de sang veillent. Ils ne tolèrent aucune « concurrence », surtout celle provenant d’individus échappant à leur funeste contrôle.

Osez vous occuper de développement, tentez d’améliorer un tant soit peu le sort peu enviable de la population locale, vous êtes déjà dans leur collimateur. Si vous esquivez les attaques à main armée, c’est que la chance vous sourit à belles dents. Pareil si vous percez les filets de la justice, corrompue comme on n’en fait plus. Des jugements d’odeur fétide et de coloration louche rendus par des magistrats taillables et corvéables à merci vous condamneront à des peines considérables et au paiement des sommes astronomiques que vous ne devez à personne. C’est que les intentions de ce conglomérat politico-économique aux ambitions méphistophéliques sera de vous ruiner jusqu’au dernier centime. Au surplus, son souhait est que vous ne vous en sortiez pas vivant.

C.   Conclusion

Ici, pas grand-chose à dire : si un changement de mentalité radical ne s’opère pas dans la communauté nande, on peut s’attendre à sa dislocation prochaine. Ladite communauté accuse très fréquemment les Rwandais de tous les maux de l’univers visible et invisible, à juste titre d’ailleurs. Il n’est pas faux en effet qu’ils déstabilisent l’Est de ce bled de tarés quand ils le peuvent. D’aucuns racontent même qu’ils tireraient les ficelles de

la RDC

actuellement !

Que fondée ou imaginaire soit cette version des faits, la question ne réside pas là en ce qui concerne les Nande. Comme dit supra, le comportement de ces derniers est schizophrénique : une autoprotection effrénée des valeurs coutumières cohabite étrangement et dangereusement avec une envie irrépressible de nuire à un autre membre du groupe par simple jalousie, au point même de pactiser avec des forces ténébreuses.

Le Nande commun se doit d’être le psychiatre de ses manies (au sens médical du terme). Qu’il ne fasse un choix entre être traitre éternel et vivre en autarcie. Qu’il vive son temps et se rende compte qu’on est en 2007 et surtout qu’il considère le prochain comme un frère (un vrai, à la manière du Christ) et non comme un loup à écraser ou dont on doit ravir la place.