MES PRINCIPES EN RIMES


1. La famille


Je ne conçois la famille que restrictivement

À mon sens, seuls la composent les proches parents

Le beau-père la clôture

L’oncle par alliance en est la serrure

Je n’ai de frères que mes frères utérins

À la rigueur, j’appelle ainsi mes cousins

Ma bru pour moi n’est pas ma sœur

Encore moins Sœur Chantal à la chorale

Même si celles-ci l’affirment avec chaleur

Avec une assurance rare


2. Échelle de valeurs


Dieu le Père, le Fils comme le Saint-Esprit

Occupe le plus haut point de la hiérarchie

Après vient la famille : on dit que c’est sacré

J’y suis né et c’est bien elle qui m’a supporté

Mes potes sont à la troisième position

Et « pote » n’est pas égal à « connaissance »

Des potes, en fait, je n’en ai pas à profusion

C’est que je suis solitaire de naissance…

Des connaissances, j’en ai plein

Pas trop solides sont nos liens

Au classement détient la quatrième place

Belle Musique qui jamais ne me lasse

Qu’elle soit dite profane ou religieuse

Je m’en tape les valseuses

De tout, vous pouvez me priver

Mais pas de Belle Musique

La télé peut être ennuyante, merdique

Mais il y a toujours une cassette à écouter

En cinquième position, je fous le reste

Y compris, ne vous trompez pas, les études

Y compris le boulot et ses turpitudes

Le travail, c’est chiant, les études, une peste

Malheureusement, mon destin

M’oblige à faire les deux, et c’est malin !


3. Ma vision de ce qui est établi


Le piètre argument « parce que c’est comme ça »

Pour moi, n’a aucun fondement

En fait, la meilleure des voies

Est de baser son jugement

Sur le pourquoi des choses, leur origine

Au lieu de tout gober comme des comptines

C’est de même pour la logique formelle

Une hypothèse de travail

La reine des sophismes les plus démentiels

Dans le fond remplie de failles

J’estime que je suis en droit de réfuter

Quelque fait qui échapperait à ma logique

Y compris nombre de passages bibliques

Ou quelques dogmes par l’Église inculqués


4. Vérité et franchise


Toute vérité n’est pas bonne à dire

Aiment à répéter les gens

Je n’applique cet adage que rarement

Il ne me va pas à ravir

Sauf en cas de médisance

Qu’il est louable de parler franc !

Même directe comme flèche qu’on lance

La vérité, quel excellent médicament !

Qu’on me traite de mal éduqué, d’impoli

Je m’en tape et j’en fais fi

Quel type d’homme donc es-tu

Qui détestes la vérité ?

Belle et nue

Si tenace et entêtée ?


5. Ma vision de « Parce qu’Untel a dit »


Quantité de gens prennent pour argent comptant

Telle phrase d’un écrivain

Les maximes des sages sont telles des diamants

Tant qu’aux oreilles, elles paraissent sonner bien

Il est des proverbes, c’est vrai

Qui, comme le monde, sont vieux

Qui résistent aux raisonnements les plus tortueux

Mais de tels proverbes ne sont pas par milliers

Il suffit de les décortiquer savamment

En tablant moins sur la forme que sur le fond

Vous verrez qu’ils ne font pas l’unanimité

Dans la vie quotidienne, nous vous assurons


6. Les homosexuels


Tous les gays et les lesbiennes

Je les ai presque en haine

Seule la Bible m’oblige à la supporter

Cette engeance  possédée


7. Les fêtes


Les réceptions entre potes

Je ne les ai pas en horreur

On y cause souvent dans la bonne humeur

Entre nous, un ou deux verres, on sirote

Cependant, les grandes fêtes m’indisposent

Je ne suis pas dans mon élément

Pire ! Je me sens tout chose

J’ai beau faire des efforts, sans grands changements


8. Les deuils


Je ne veille que dans les deuils des intimes

Les familiers comme les amis

Veiller est pour moi d’importance minime

Et cela n’est pas un délit

Quand l’intéressé est juste une connaissance

Ne vous déplaise, c’est bien ce que je pense


9. Quid de l’égalité ?


Sur Terre, au paradis comme en enfer

La stricte égalité s’avère utopique

C’est que l’ordre hiérarchique

S’impose par tous et ce, d’une main de fer

C’est comme cela la loi de la nature

Je vous le concède, cette loi est dure

Selon moi, ce principe est plus que vital

Loin s’en faut, il n’est point banal

C’est la raison pour laquelle

Il m’est très dur de traiter avec toutes les gens

Avec le même égard, le même ménagement

Pardi, je ne suis pas un ange, Dieu du Ciel !


10. Les reproches en mon endroit


Je pense avoir suffisamment de conscience

De jugeote en abondance

Pour séparer le pertinent du futile

L’essentiel de l’inutile

Il est des reproches qui n’en sont même pas

Qui, ma foi, n’ont pas lieu d’être

Ce sont des caprices de femme en émoi

Ou de lourds sermons de prêtre

D’aucuns prennent plaisir à faire la morale

Tout le temps, à tout bout de champ

Alors qu’ils font ce qu’ils défendent comme mal

Ils se croient parfaits et se trompent lourdement

Je trouve extrêmement embêtant, lassant

Des remarques mal à propos, sans fondement


11. Ma notion de force


Des muscles et de la masse

Le Très-Haut ne m’a point doté

Donc sur un ring ou lors d’un combat singulier

Je luis d’incompétence, je ne peux le nier

Par le poids des mots issus du choc des idées

S’extériorise l’énergie qui est en moi

Point n’est besoin que je lève mon petit doigt

Ma simple parole, parfois, ça fait trembler

Mon haltérophilie, c’est le raisonnement

Mes biceps, c’est ma cervelle

Mes coups faits de paroles frappent durement

Les uppercuts donnés par ma plume sont réels


12. La générosité


« Si tu as, dans la mesure du possible

Ne te lasse pas de donner »

De ce beau principe je me suis imprégné

De mon existence, j’en ai fait une cible

Mais gardez-vous un seul instant d’imaginer

Que je patauge dans la prodigalité

Lorsque je n’ai que pour moi seul

Il est rare que je pense à mon prochain

Pourquoi vouloir crever de faim

Ou vivre comme si j’étais dans un cercueil

Uniquement pour faire plaisir à autrui ?

Ou pour soulager ses ennuis ?


13. Esprit de sacrifice


Des sacrifices, tout individu en fait

Et pas par gaieté de cœur généralement

En ce qui me concerne personnellement

Pour dire le contraire, je ne suis pas prêt

Et de le dire, chuis pas fier

En effet, d’autres se sont sacrifiés pour moi

Ainsi, telle est ma prière

De vouloir travailler pour les autres avec joie


14. Moqueries


Pour avoir subi des railleries

Une grande partie de ma prime jeunesse

Je conçois parfaitement combien elles blessent

Et à quel degré elles laissent des cœurs meurtris

D’aucun individu je n’ose me moquer

Quand je le fais inconsciemment

Tout mon être en a la nausée

Si je me rends compte de cet égarement

Toi qui te complais à tourner en dérision

L’état, voire la vie d’Untel

Ton inconscience est réelle

Oui ! Ta bassesse d’esprit atteint les tréfonds


15. Facilités dans la vie


Certes, à la sueur de son front

Chacun devra gagner son pain

Cependant, selon moi, en aucune façon

Chercher à souffrir est un bien

Si nobles sont nos objectifs

User des voies raccourcis pour les atteindre

Ne peut pas être à craindre

Tant que ces voies présentent un air positif

De plus, pourquoi se compliquer l’existence

Lorsque l’on a tous les moyens de vivre mieux ?

Maximisons donc nos chances

Histoire que nous mourrions vieux


16. La drague


Une mesure de flatterie

Un bon soupçon de mensonge

Et voilà que la meuf plonge

Voilà qu’elle nage dans cette supercherie

On appelle cela « drague »

Devant la réalité, quel gag !

Seigneur Dieu ! Qui m’aimera donc tel que je suis

Moi qui déteste racoler ?

Le oui d’une meuf, je l’aurais par quelle chimie ?

De diable quel tour vais-je user ?


17. Mon goût du vestimentaire


Il n’est pas du tout logique

C’est selon mon entendement

Qu’à 30 degrés à l’ombre, en Afrique

L’on se plaise à porter de chauds vêtements

Pour raison de service ou pour son plaisir

Tel quidam porte des vestes

Avec chemise, polo ; cravate, du reste

On s’y étrangle, on y étouffe à mourir

Telle meuf aime mettre épaisse fourrure

Et lourdes bottes à ses pieds

C’est la canicule, mais elle n’en a cure

De son corps elle n’a point pitié

C’est bien là la résultante

D’une copie inadaptée des mœurs d’Occident

Un suivisme désespérant

Imitation d’une culture décadente

N’allez pas croire, par ces propos sévères

Que je me fous pas mal du vestimentaire

Bien s’habiller n’est pas un mal

Néanmoins, l’extravagance est condamnable

Il convient d’allier l’utile à l’agréable

De peur de sombrer dans le suivisme animal


18. L’intellectuel, à mon sens


À quoi bon être détenteur d’au moins cinq thèses

Possesseur de trois maîtrises

Si on ne fait qu’accumuler des bêtises ?

Sans aucun remords et avec un cœur de braise ?

Congolais je le suis ; j’ai honte de l’être

Bled Congo grouille d’intellectuels de papier

Malheur à ces professeurs d’université

Qui la vie décente ont fait disparaître

Destructeurs de la cohésion

Institutionnelle comme naturelle

Ils pactisent avec des démons

Nous plongeant dans une chute sempiternelle

Honte à ces « marchands de canon »

Qui peuplent l’hémisphère Nord

C’est eux qui ont instauré la loi du plus fort

Pour cela, ce sont des intellectuels de nom

Que l’opprobre te couvre, toi, élève, étudiant

Balayant la science d’un revers de la main

Passant de classe en magouillant, corrompant

Pour sûr, ta connaissance ne te sert à rien

Ouvrez vos oreilles très grand

Je vais vous expliquer comment

L’expression « homme intellectuel » je conçois

Dès qu’on sait lire et comprendre et lire un roman

Et qu’on peut résoudre une équation simplement

Je peux affirmer qu’on est dans la bonne voie

Mais ce détail ne suffit pas

Être intellectuel n’est pas que ça, loin de là

C’est aussi adopter un certain comportement

Une attitude de candeur, de modestie

C’est voir en toute probité les choses en grand

Sans cupidité, prétention ni fourberie

Toujours au service d’autrui

Dans la plus grande bonhomie


19. Ce que je pense des apparences


On dit que les apparences sont trompeuses

Il semble que s’y fier est une grosse erreur

Une telle déclaration est dangereuse

Et peut accoucher des choses sans profondeur

Pour sûr, elle ne marche pas dans tous les cas

C’est surtout dans les réalités négatives

Que se manifeste vive

La contradiction de cette soi-disant loi

Par un ou deux exemples je vais m’expliquer

Pour vos lanternes illuminer

Une meuf en pute habillée

A de fortes chances d’être une pétasse

Un homme qui a l’attitude bêtasse

A de fortes chances d’avoir l’esprit bouché

En revanche, une personne à l’air gentil

Très souvent ne l’est pas du tout en réalité

De même une apparente humilité

Cache presque toujours un cœur d’orgueil pétri


20. L’homme utile (mon idéal)


Ce mec n’et pas nécessairement un Apollon

Ni  forcément fort comme Samson

Rien ne l’oblige à avoir le cerveau d’Einstein

Ni faire rire les gens à perdre haleine

L’homme utile rend service à la société

Soulage un tant soit peux ses maux

Dans sa vie, il fait un minimum de saletés

Pour son entourage, il n’est pas un fardeau

Il n’est pas obligé de voir les choses en grand

Ni de réaliser des actes très importants

Il suffit qu’il soit honnête et habile

Bref, il suffit qu’il soit utile…